Sauvegarde de l'Histoire de Quissac APSHQ

Un empereur Romain Quissacois ?

Un empereur Romain aurait-il habité Quissac ?


La question pourrait paraitre ridicule et saugrenue, mais lisez jusqu’au bout !!!

 

 

 

 

Un peu d’histoire

 

 

Lorsque l’on parle de l’Empire Romain, c’est le début de la chrétienté qui nous vient en mémoire, ainsi que les noms illustres de Jules César, Néron, Antonin qui a construit Némausus au 2eme siècle (Nîmes), Marc Aurèle, Constantin  etc.


Et pourtant l’Empire Romain a duré 5 siècles jusqu’à l’abdication du  dernier empereur Romulus Auguste en 476.


Et c’est justement de cette période dont je veux vous parler.

 

Vers la fin du 4ème siècle l’Empire Romain est très vaste et la gouvernance en devient très difficile. En 395, il est décidé de diviser l’empire en deux: l’Empire d’Orient, avec pour capitale Constantinople et l’Empire d’Occident dont Rome reste la capitale. 

 

 

 

Empires Romains D’orient et d’Occident

 

 

Mais au début du siècle suivant, les Wisigoths envahissent l’Empire, suivis peu après par  les Huns d’ Attila. Les Huns arriveront d’ailleurs jusqu’ en Gaule ou ils seront chassés en 451, mais l’empire est déjà très affaibli.

 

Et  en 476 Rome tombera définitivement entre les mains du Germain Odoacre, qui détrônera le dernier Empereur Romain d'Occident : Romulus Augustule.

 

 

 

Le roi Odoacre, chef germain des Hérules, occupe Rome mettant fin à l'Empire romain en Occident, en déposant  le dernier empereur d'Occident, Romulus Augustule, qui est exilé en Campanie

(Région de l'Italie).

 

C'est ainsi que s'effondrera l'empire Romain d'Occident. L'empire d'Orient résistera lui jusqu'en 1453 et la chute de Constantinople, également nommée Byzance.

 

L’empereur Avitus (395- 456)

 

En 439, Flavius Eparchius Avitus nait en Auvergne et se partage entre l’Auvergne, Arles, ou son père est Préfet des Gaules et Narbonne.

A la fois diplomate et chef militaire, Préfet des Gaules à son tour, il conclut une alliance en 439 avec Théodoric II, Roi des Wisigoths dont il devient l’ami.

 


 

Il est à l’initiative de l’alliance entre Wisigoths et Romains pour combattre et chasser Attila de la gaule et de l’empire en 451.

En envahissant Rome en 455, Genséric, Roi des Vandales, met fin au règne de Pétrone Maxime et le puissant Théodoric propose son ami, le Gaulois Avitus comme  Empereur aux chefs de l’armée romaine. Avitus est proclamé Empereur en Arles. le 9 juillet 455(d’autres sources disent Beaucaire).Il entre à Rome en septembre de la même année et, reconnu par l’Empereur d’Orient Martien le 1 janvier 456, il devient Empereur d’Occident de l’Empire Romain.

 

 

 

 

Malheureusement Il ne régnera que quelques mois. Les sénateurs lui reprochent très vite d’être le jouet des Barbares et de ne nommer que des “Gaulois” comme lui, aux postes importants, il s’enfuit de Rome pour revenir en Auvergne et est vraisemblablement assassiné en revenant à Brioude ou il serait enterré.

 

 

 

 

Mais  quel rapport avec notre village de Quissac, notre Quintiusacum de l’époque ?

 

 

Sidoine Apollinaire

 

En 452, Eparchius Avitus donne sa fille  Papianilla comme épouse à Sidoine Apollinaire. Celui-ci devient rapidement l’un des poètes historiens le plus réputé et son talent est recherché par les personnalités les plus illustres, comme le roi Théodoric dont il écrit un panégyrique.

 

Ses poèmes et ses lettres demeurent la principale source de renseignement  et le principal témoignage sur les mœurs, la poésie et l’histoire de cette époque.. L’œuvre de Sidoine explicite également les changements d’un monde en mutation, ni tout à fait romain, ni tout à fait médiéval. Son témoignage est donc multiple : à la fois littéraire, social, philosophique et politique.

 

 

Sidoine Apollinaire


Sidonius écrit de nombreuses « lettres » et dans l’une de ses lettres il personnifie son livre qu’il envoie, à Narbonne, en lui recommandant de visiter tous les amis qu’il a sur la route de cette ville, il lui fait faire précisément dix stations, dont P. Sirmond fera l’analyse suivante: 


LA PREMIÈRE est chez le grammairien Domitius, auquel est écrite l’épître 2 du liv. II;

 La SECONDE, à Bridas (aujourd’hui Brioude), ville actuellement divisée en deux, la nouvelle, célèbre par son chapitre de chanoines séculiers, et l’ancienne, celle dont parle Sidonius (on voyait à Brioude le tombeau de St. Julien: c’est aussi dans cette ville que fut enterré l’empereur Avitus);

la TROISIÈME, dans la ville des Gabales, après avoir traversé la montagne et le fleuve Triobris, appelé encore aujourd’hui Tobris, et coulant des montagnes des Gabales jusque chez les Ruthènes;

la QUATRIÈME, chez les frères Sacerdos et Justinus, dont il ne nous apprend pas le domicile : il y a, dans le livre V des Epît., des lettres adressées à l’un et à l’autre;

la CINQUIÈME, chez l’ancien préfet Ferréolus et sa femme Papianilla, à Trévidon, aux confins des Ruthènes;

la SIXIÈME, chez Apollinaris, dans sa maison de campagne à Voroangus, dont il est question liv. II, épît. 9, et qui était voisine du mont nommé Lesora, autrefois connu à Rome, au rapport de Pline, Hist. nat. XI, 42, pour l’excellence de son fromage. On l’appelle aujourd’hui « Losère », par une transposition de lettres. Sidonius mentionne encore le fleuve Tarnis (le Tarn), qui roule des paillettes d’or, et qui prend sa source dans les Cévennes et va se jeter dans la Garonne en suivant les confins de l’Aquitaine et de la Narbonnaise;

la SEPTIÈME, à Cottium, chez Avitus, auquel est adressée la lettre du 1re épître du liv. III;

la HUITIÈME, chez Fidulus, mais il ne dit pas en quel endroit, et il n’est parlé de ce Fidulus nulle autre part. Ce nom n’est cependant pas inconnu dans les Gaules. S. Fidulus, auvergnat de naissance, abbé de Troyes en Champagne ou il est en grande vénération sous le nom de St. Fal, florissait peu de temps après Sidonius, sous le règne de Théodoric;

la NEUVIÈME, chez Thaumastus, à Troisvilles (Tresvillæ). Il est souvent question, dans les lettres de Sidonius, de Thaumastus et de son frère Apollinaris;

 la DIXIÈME et dernière, chez Magnus et ses fils Félix et Probus.

En fait il décrit le chemin emprunté de Clermont à Narbonne en traversant le Tarn, passant au pied du mont Lozère, et faisant halte a Alès, Anduze, Quissac, Sainte Croix, etc

 

« En sortant de chez moi, ô mon livre, souviens-toi, je t’en prie, de suivre la route qui mène chez mes amis, dont je t’indique soigneusement les noms. Ne prends pas l’ancien chemin, le long duquel se voit le nom de César sur d’antiques colonne ( Nimes); va lentement, afin de resserrer dans tes retards les nœuds de l’ancienne amitié qui me lient à mes amis

Tu te rendras de Voroangus (Alès) à Cottium (Quissac); tu diras à notre Avitus: Salut; tu lui diras: Adieu. Tu dois à cet homme un éternel hommage, car, et puissent les miens excuser ma franchise! Un parent n’est pas plus pour nous qu’un ami. Fidulus, l’honneur des gens de bien et le digne rival de Tétradius, par les qualités de son cœur et par son amour constant de la justice, t’honorera d’une sainte hospitalité. De là tu iras à Tresville, chez l’un des deux Thaumastus; le plus jeune est mon compagnon d’études, mon collègue et mon frère en dignités. Si le hasard te fait rencontrer l’autre, rends-lui les mêmes respects à peu près qu’à mon oncle paternel ».


Les historiens  et notamment Camille Jullian définiront l’itinéraire de Sidoine et retiendront Quissac pour la ville de Cottium.


On retrouvera d’ailleurs plus tard Quissac nommé « Cotiacum » dans plusieurs écrits. En fait, il semblerait que « coat » est un mot celte qui veut dire bois, forêt.

Avec le suffixe latin acum  qui sanctifie le lieu (du gaulois aco), Cottium aurait donné Cotiacum.

On pourrait se poser la question si le nom du mont de  « Coutach » ne viendrait pas de cette même racine.


Cependant, beaucoup de lectures laissent à penser que ce domaine d’Avitus serait sur la rive droite du Vidourle, certainement le long de la route qui reliait l’Auvergne à Narbonne et qui suivait le bas de Coutach, balisée encore par la Tour des Fées et la Tour des Pommes Cuites.

Il reste toutefois une grande inconnue car aucun vestige de cette construction, n’a été encore découvert. Peut-on en déduire que l’on a reconstruit sur ces ruines (Planque, Fonsanges peut être avec sa source ?)

Mais qui était donc cet Avitus que Sidonius venait voir à Quissac, pardon à Cottium, et qu’il qualifiait de parent ?

En lisant la lettre I du livre III, on s’aperçoit que Avitus est certainement son cousin,  fils de la sœur de sa mère, plus tard Evêque de Clermont, et membre du clan des Avitus,  vraisemblablement neveu de l’empereur Avitus.

En effet sidoine écrit dans la lettre à Avitus:

« Nous avons été unis dès l'enfance par des nœuds d'amitié qui n'ont fait que se resserrer avec l'âge. D'abord, nos mères étaient étroitement unies par les liens du sang"

 

Et Billardon de Sauvigny ecrit :


« Il parait qu’Avitus était parent de Sidoine, deja évêque d’Auvergne à l’époque ou la lettre à Avitus  fut écrite. Si cet Avitus était de la famille de l’empereur du même nom, il était aussi allié de Sidonius par sa femme Papianilla »


Donc si en fait aucun Empereur de l’Empire Romain a habité Quissac, on peut tout de même supputer, que l’Empereur Flavius Eparchius Avitus a tout de même séjourné dans notre village lorsqu’il rendait visite à son neveu à Cottium, situé sur le passage de l’Auvergne à Narbonne, ou il se rendait  souvent !

 Roger Llorca

Documentation

Notice sur Sidoine Apollinaire MA Péricaud-

JF Grégoire et FZ Colombe,

Sidoine Apollinaire et les Gabales Emilienne Demougeot,

Grégoire et Colombet,

Cours d’histoire moderne de Guizot

Sud du Massif Central Eglise de Rhénanie de Jean Bernard Elzière

 Jean Susini, Camille Jullian

 



03/02/2013
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