Sauvegarde de l'Histoire de Quissac APSHQ

Nos anciennes écoles

Nos anciennes écoles

 

 

« Qui a eu cette idée folle

Un jour d’inventer l’école ?

C’est ce sacré Charlemagne ! »

 

Disait Chantal Goya, mais que dit l’Histoire ?

 

On peut considérer que jusqu'à la Révolution Française, l’enseignement est dispensé par les ordres religieux et par des précepteurs privés pour les nobles ou riches bourgeois. Mais déjà certaines communes dont Quissac, possèdent une école, payante bien sur et limité aux enfants de quelques familles de riches bourgeois. Les autres enfants restent à la maison et dés leur plus jeune âge, contribuent au travail de la maison et des champs.

Pendant la Révolution, la Convention décrète que l'enseignement sera laïc, gratuit et obligatoire. Cela concerne l’école primaire. Mais il faut attendre la loi Guizot en 1833, qui stipule :

 « que les communes de plus de 500 habitants sont tenues d'avoir une école de garçons »,

pour que l’enseignement primaire dans nos villes et nos campagnes commence à se développer. Et en 1850,  le principe d'une école de garçon dans toutes les communes et d'une école de filles pour « celles qui en ont les moyens », est définitivement adopté.

Cependant  la loi confère à l'Église catholique, un droit de contrôle très important sur les programmes et les nominations des maitres de l'enseignement public.

La véritable école publique telle que nous la connaissons aujourd’hui, prend naissance avec Jules Ferry.

 

 

1880  marquent des changements fondamentaux dans le système éducatif français. Les lois Ferry démocratisent définitivement l'école et la rendent laïque, obligatoire et gratuite. La loi instaure un enseignement obligatoire de 6 à 13 ans, les enfants pouvant toutefois quitter l'école avant cet âge, s'ils ont obtenu le certificat d'études primaires. La laïcité, proclamée dès 1881 avec la suppression de l'éducation religieuse dans l'enseignement public, est renforcée par la loi Goblet (1886), qui interdit aux religieux d'enseigner dans le public.

 

 

 

Qu’en est-il à Quissac ?

 

Grace à ses longues et minutieuses recherches, notre ami Louis Martin retrace dans « Quissac et son canton » la naissance de l’école publique dans notre village.

 

Extrait de « Quissac et son canton » de louis Martin.

En 1880, le conseil municipal de Quissac  se voit dans l’obligation de construire un groupe scolaire qui accueillera filles et garçons. En effet ce chef lieu de canton, est assez mal loti en matière scolaire. L’école de garçons qui n’est constituée que de deux classes, l’une accueillant les Catholiques et l’autre les Protestants, est situé depuis 1861 dans un immeuble vétuste dont les murs suintent d’humidité. Cet immeuble situé dans la rue du pont proche de la mairie, a été acheté par la ville à Auguste Jalaguier pour la somme de 8000 frs. Il ne possède qu’une cour minuscule source d’incessantes querelles  entre les deux confessions. De plus l’une des classes étant plus ensoleillée que l’autre, il 

fallait alterner leur occupation afin de ménager les susceptibilités la remise du RDC de l’immeuble servait au stockage des « clèdes » (claies pour le parcage des animaux pendant les foires). Quant à l’école de filles, elle se compose également de deux classes et bien qu’elle soit ouverte à tous, le fait que l’enseignement soit dispensé par les sœurs de la Charité de Besançon n’incite pas les protestants à y envoyer leurs filles. L’immeuble loué au Sieur Jalaguier est dans un état identique à celui des garçons et le bailleur a prévenu le maire qu’il ne renouvellera pas le bail. De plus ces écoles sont payantes, et les parents trouvant qu’ils n’en ont pas pour leur argent s’en prennent au maire. Il est donc impératif pour les élus de résoudre ce problème.

 

Un projet est établi et se chiffre à 53 000 frs y compris l’achat du terrain dit Terre  de la Croix d’Or, quartier du Serret. Ce terrain d’une superficie de20ares appartient à la veuve Dumény, née Coralie Conduzorgues, il lui est payé 4000 frs. La municipalité, qui n’est pas riche, espère récupérer 5000frs de la vente de l’école de garçons. En fait elle n’en tirera que 2 100 frs. La vente aux enchères présidée par le maire Alfred Jac, sur la mise à prix de 2000 frs, n’a pas de succès et la maison est attribuée au sieur Gustave Béglioli, le seul à avoir fait une offre.

 

Le projet, confié à l’architecte Randon de Grolier de Nîmes, comporte deux groupes de deux classes  avec cours, le groupe de garçon étant séparé de celui des filles par un mur en pierre de deux mètres de haut. Le projet est modifié et les groupes sont portés à trois classes chacun.

Les travaux commencent en octobre 1881 et avec eux, toute une série de problèmes qui vont durer dix ans, au grand désespoir des élus. Trois ans plus tard, en octobre 1884, les écoles non terminées sont mises en service car il y a urgence et c’est dans un chantier que les élèves effectuent la rentrée. Les poêles n’ont pas été installés et les cours, qui sont encombrées de matériaux,  sont impraticables et n’ont pas de clôtures. En janvier 1885, Jean Auzilhon, maire de Quissac, révoque l’architecte et le remplace mais à la rentrée d’octobre elles ne sont toujours pas terminées. En 1886 il faut assainir les caves qui se remplissent d’eau au moindre orage. Excédé le maire intente un procès à l’entrepreneur. Le procès verbal de réception définitive n’est signé que le 5 mars 1887, soit sept ans après le lancement du projet. En 1901, il faudra consolider les murs et les plafonds qui se sont lézardés  à cause de la faiblesse des fondations. Les préaux qui avaient été oubliés par l’architecte, ne seront construits qu’en 1893 par François Coste, maçon de Quissac (Trisaïeul de Marc Nadal, maçon tailleur de pierre à Quissac. François a la chance de travailler sur les chantiers de Paulin François Talabot et héritera du surnom de « Talabot » dans le village. Il construit sa maison aux environs de 1875 au n° du Chemin de Viè(le première maison à coté de la maison de Sainte Thérèse. )


 

Un projet de construction d’un nouveau groupe scolaire sera envisagé par la municipalité Marion, en 1938, mais restera pendant 15 ans dans les tiroirs.


 

 Le chantier démarrera en 1953 et sera achevé en 1955. 


 

 Groupe scolaire Du docteur Auzilhon


 L’ancien groupe scolaire sera utilisé pour accueillir tour à tour une classe de maternelle, nouvellement créée, puis des classes du CEG. Elles seront ensuite occupées par différents associations (judo, troisième âge gymnastique) coté garçons et par les douches municipales, cotés filles, avant d’être en partie rasée en 1976. Il ne restera plus qu’une partie de l’école des filles dans laquelle seront regroupés les services du Trésor.

 

 

Ses derniers directeurs seront, chez les garçons, Mr Hervé Bourrier, successeur de Mr André Brun en 1946 et chez les filles, Mlle Augusta Philip qui avait succédait en 1949 à Augusta Valette.

 

 

 

( fin de l'emprunt à Quissac et son canton)

 

Mademoiselle Alice Brun enseignera dans l’école de garçons pendant de nombreuses années et assurera l’éducation de nombreuses générations.  Sur le terrain ainsi récupéré, la municipalité de René Clément inaugurera en 1983 le Foyer Communal, dont le projet avait été établi sous son prédécesseur : Désiré Rousset.

 

 

 

      Inauguration du Groupe scolaire Auzilhon  1955                                                                                                                                 

La démolition de nos anciennes écoles  cause  un grand choc psychologique et un grand émoi auprès de la population, car avec elles, disparaissent tous les souvenirs d’enfance de toutes les générations depuis un siècle.

 

 

 

Et même si les bâtiments était affectés par de nombreuses dégradations, les méthodes modernes de rénovation auraient pu palier ces insuffisances. Le bâtiment conservé en sera la preuve vivante.

 

En fait, Quissac ayant besoin d’un bâtiment pour recevoir les élèves du CEG, dont certaines classes sont installés dans des locaux du café français, et dans les anciennes écoles, Celles-ci sont démolis pour accélérer la construction du CEG !!!! une hérésie !!!

D’autant que le CES n’arrivera que 20 ans après !

 

 

 

 

 Mylène Combes (Album René Gauthier)

 

Ainsi disparait une partie de notre patrimoine communal, dont l’architecture, au delà de l’aspect sentimental présentait une certaine qualité en ouvrant ce groupe de bâtiments eu U, sur le champ de foire. Il sera remplacé par un foyer blocos qui bien que très fonctionnel, dégrade l’architecture urbanistique du quartier.

La rumeur dira que ce projet, était un projet conçu et étudié pour être implanté à la Grande Motte et que Quissac en a hérité sans un souci quelconque d’intégration au site.

(Sur une adaptation du temps des cerises de Jean Baptiste Clément)

 

J’aimerai toujours nos belles écoles,

Ou nous avons tous appri les leçons

De la République,

Ces lieux tant aimés, ces lieux idylliques

Qu’on a démolis pour de tristes raisons

J’aimerai toujours nos belles écoles,

Et les souvenirs de jeune garçon.

 

 

 

“J’aimerai toujours nos   belles écoles

Leur disparition laisse dans mon  cœur/

Une plaie ouverte !/

Et dame Fortune en m’étant offerte/

Ne pourra jamais fermer ma douleur…

 J’aimerai toujours nos belles écoles

 Et le souvenir que j’en garde au cœur !”

 

Texte de Roger Llorca et Louis Martin

 

 

 




06/12/2011
1 Poster un commentaire
Ces blogs de Histoire pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 95 autres membres