Sauvegarde de l'Histoire de Quissac APSHQ

Louis Devillas

Monsieur Louis Devillas

 

 

 

 

Monsieur Devillas nait à Quissac en 1748, département du Gard. De famille protestante, aprés quelques velléité dans le ministère évangélique et de la profession d'avocat, il entre fort jeune dans le commerce et sera l'un des fondateurs de l'entrepôt Bercy. A la révolution de 1789, il est parmi les négociants les plus considérés de la place de Paris ou il était venu en 1775. La révolution le ruine mais il refait promptement sa fortune. Il est tour à tour et peut être en même temps spéculateur sur les vins, sur la musique imprimée, les cordes de violon, la dentelle et la soierie. Il évolue également dans le milieu bancaire. Il réalise des bénéfices considérables et vit en homme de loisir et de plaisir. Il profite de tous les délices que l'opulence lui procure. Cette carrière de négociant, qu'il parcourt honorablement, lui fait acquérir une fortune considérable.

 

 

 les entrepots Bercy

 

Mais bientôt la pensée de secourir les indigents lui vient à l'esprit, et à partir de ce moment là, on le voit s'imposer jusqu'à des privations pour ceux que par anticipation il appelle les pauvres. Il essuie une faillite dans l'un de ses nombreux établissements, et se lamente au grande étonnement de ses amis qui s' étonnent de son peu de résignation.

« Ce n'est pas pour moi que je m'afflige dit-il, mais pour les pauvres qui auront cela en moins ! »

Après le décès de son épouse, n'ayant aucun enfant et pour tout parent, qu' une sœur fort âgée, il conçoit le projet de consacrer au soulagement des pauvres le fruit de ses longs et honorables travaux.Il n'oublie pas Quissac, son village natal, ou il se rend de temps en temps. Il constate que malgré la promulgation de l'Édit de tolérance, les défunts de familles protestantes ne sont pas acceptés dans le cimetière, contigüe à l'église. Ceux-ci sont enterrées dans des caveaux particuliers, en pleine campagne, pour les plus riches et dans les sous sols ou les caves des maisons pour les plus pauvres. D'autres part le cimetière de l'église devient trop exiguë et dans un élan de générosité et de tolérance, il lègue les terrains de "la Béligue" à la municipalité de Quissac pour la construction d'un grand cimetière, en exigeant qu'il soit divisé en deux parties , deux tiers pour les protestants, un tiers pour les catholiques, qui étaient beaucoup moins nombreux. il sera d'ailleurs séparé par un grand mur pour eviter peut être des problèmes "post mortem"

Par son testament du 16 octobre 1832, il lègue la totalité de sa fortune, à « l'Administration des Hospices Civils de Paris », qu'il institue comme sa légataire universelle, à la condition expresse d'établir dans sa maison de la rue du Regard N° 17, un hospice pour y recevoir des vieillards, hommes et femmes ayant moins de 70 ans, atteints d'infirmités incurables et inscrits sur le contrôle des pauvres. Celui ci sera inauguré à Paris en 1836; L'hospice est disposé pour recevoir 30 lits, sans compter ceux nécessaires au service, 24 sont attribués aux bureaux de bienfaisance des 12 arrondissements , les 6 autres lits sont réservés aux deux consistoires protestants de l'Église Réformée et de la Confession D'Augsbourg.

Cette acceptation, de la part de l'administration des hospices civils de Paris était à la charge de legs particuliers parmi lesquels on remarque le suivant:

« il fait don à la commune de Quissac, lieu de sa naissance, de tous les biens, fonds et maisons situés sur le territoire de cette commune, et celui de la commune de liouc ainsi que quatre mille francs de rente perpétuelle, à la charge par elle, d'établir dans sa maison, quartier de Vièle, à Quissac, un hospice pour y recevoir dix ou douze pauvres malades indigents. Il exige que l'inscription suivante soit posée au dessus de la porte de la maison:

 

 

 

les maux qu'a souffert le fondateur lui ont inspiré

le devoir de soulager de pauvres malades.

 

Monsieur Devillas meurt le 22 octobre 1832 et la fortune qu'il laisse pour accomplir ses dernières intentions, s'élève, déduction faite des charges à 1 124 000 francs.

Avant l'accomplissement des dernières volontés du donateur, l'administration a du lutter longtemps contre l'héritière naturelle de Monsieur Devillas; mais une ordonnance royale du 22 juillet 1834, autorise l'acceptation du leg.

Avant l'ordonnance les héritiers de Madame Devillas forment une demande en rescision de partage de la communauté qui avait existé entre Monsieur et Madame Devillas.

Un procés s'entame et l''administration succombe en première instance. Le jugement qui la condamne est déféré à la cour royale, mais une transaction par laquelle les Hospices s'obligent à payer aux héritiers de Madame Devillas une somme de 220 000 francs, vient mettre fin à ce procès. Ce procès et les difficultés que rencontre l'administration, pour obtenir du domaine de l'état, la cession de la portion de terrain dont Monsieur de Villas est dépossédé , ne permette pas d'établir définitivement l'hospice dans la maison indiqué par le fondateur. Toutes les dispositions prises pour que cet hospice soit ouvert promptement l'ont été à moins de frais possibles. Le 27 juillet 1835, 15 hommes et 15 femmes, vingt quatre catholiques et six protestants, réunissant les conditions imposées par le fondateur sont admis dans cet hospice.

L'hospice de Quissac est inauguré en 1838 et en 1842 il est doté d'un jardin d'agrément .

 

Aprés avoir été boudé vers la fin du 20ème siècle, car il représente l'hospice des pauvres (si tu continue comme ça, tu finiras à l'hospice) et aprés avoir changé de nom cet établissement « La Maison de retraite louis Devillas »  permettra à une trentaine de Quissacois de terminer paisiblement leur vie au sein de leur village.

 

 

 

Texte rédigé par Roger Llorca

suivant Extrait du résumé du compte financier, publié par l'administration des hospices pour 1835, lu par monsieur Batelle, à la société des établissements charitables dans sa séance du 14 février 1837. et du Dictionnaire d'économie charitable, ou, Exposé historique, théorique et ... Par Félix Martin-Doisy


 

 


  

 




17/01/2011
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