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La place du Pont de Garonne

La Place du Pont de Garonne


En fait, la place du Pont de Garonne est une place artificielle, construite en 1852, lorsque la municipalité décide de couvrir le lit de Garonnette, au croisement de la Route Impériale (actuelle Route de Sauve et du Chemin Neuf qui permettait l’accès en Vièle). L’appellation de « Chemin Neuf » vient certainement du fait que l’accès en Vièle, qui se faisait uniquement par l’ancienne  Route des Ruthènes, a été facilité, au moyen age, par la création d'un chemin qui reliait Vièle au Bourg des Quatre Coins. Ce Chemin neuf existe déjà sur le cadastre de 1809. Je rappelle que la route des Ruthènes longeait le Vidourle, traversait Garonnette par un petit pont de pierre sur la chaussée, croisait Vièle, sortait par le Cap de Vièle et rejoignait la Route Impériale.

 

 

 

 

 

Cadastre de Quissac en 1809

 

 

Comme le démontre le plan cadastral de 1809 les bourgs de Vièle et des Quatre Coins sont séparés par un grand espace, occupé par des jardins. Pour passer d’un bourg à l’autre, il faut franchir Garonnette, en contrebas de 3 mètres environ, par un petit pont en pierre, constitué par une seule arche de 6.50m de long sur 2.50m de large, dit le « Pont de Garonne ». Celui-ci sera mis en évidence, lorsqu’après les inondations de 2002, il faudra réaménager la place.

 

Sur ce plan cadastral, aucune construction n’apparait de part et d’autre du Chemin  Neuf. Vièle ne commence qu’à la maison de Sainte Thérèse. L’actuelle Route de Sauve est également vierge de toute construction, la dernière maison étant celle de Mme Ribart, actuelle maison Brunel.

 

Dans la deuxième partie du 19ème siècle, Quissac vit une période d’expansion économique très importante (vigne, sériciculture, tanneries, bonneteries, chemin de fer, etc.). Les Quissacois prospèrent et certaines nouvelles familles bourgeoises s’installent sur la commune. On voit apparaitre la construction de nouvelles maisons de part et d’autre de la rue du Chemin Neuf et sur la route de Sauve. Dans la rue du Camp Neuf, certaines vieilles maisons sont détruites pour faire place à de nouvelles maisons de maitres (vers 1860). On construit L’hôtel des Cévennes dans l’espace libre de la vignette de la rue du Camp Neuf, baptisée ainsi pendant cette période, en remplacement du nom de Route Impériale. Cet hôtel, désaffecté vers le milieu du 20éme siècle, sera le siège de la section bouliste de Quissac-Sports vers 1930. 


 

Section bouliste de Quissac Sports

 

 

Peut être par cause de concurrence, l’Hôtel des Cévennes ferme et devient le garage des camions de l’entreprise Terrisse vers 1950, puis le garage Coste- Panafieu, ensuite le garage Marra. Après un incendie, le bâtiment sera  démoli et la famille Coste, en fera don à la commune, qui bâtira une place très agréable, inauguré en 2008 sous le nom de « Place Emile Coste, père des donateurs.

 

Garage Marra aprés incendie

 

 

 

Ainsi donc, petit à petit le bourg de Vièle et celui des quatre coins se confondent pour ne faire qu’un village. On peut considérer que la ville des Trois Bourgs devient vraiment Quissac après 1850. Il devint donc opportun de mettre fin a cette barrière naturelle qu’est le lit de Garonnette, et c’est ainsi que la couverture de toute cette surface en 1853, donne naissance à la Place du Pont de Garonne ou les foires et le marché du mercredi vont prendre place. La construction de la place qui recouvrira le petit pont est exécuté par l’entreprise quissacoise de Louis Barés.

 

 

Peut être une des plus anciennes photos de la Place du Pont de Garonne ou l’on voit un Hêtre à la place du futur platane.


 

Sur cette carte postale, antérieure à 1900 (datée ainsi grâce  sa forme) on peut également constater la petite construction qui devait servir a l’exploitation du  pont bascule installé sur la place en 1855.  En 1908 le conseil municipal décidera de le déplacer sur ce qui va devenir l’axe principal du village, au bord du champ de foire, sur le trajet de la gare.

Plan de masse pour la future couverture de garonette établi en 1876 qui indique la position du pont bascule

 

 

Sur cette photo de 1906, on aperçoit une charrette de ballots de  foin ou de paille au pesage, ainsi que le Café de la Renaissance à l’emplacement de la future épicerie de « l’Etoile du Midi », que tiendront Joseph et Hélène Bonzi pendant de nombreuses années. On aperçoit un bec de gaz contre la façade de la maison Ribart, dont on peut voir la potence encore de nos jours. La fontaine de Garonne, ou les gens viennent chercher l’eau potable avec des seaux ou des cruches, coule abondamment. On s’en sert également pour « embuguer les sémaous » et les barriques.  Cette fontaine a été créé en1855 par captage des eaux  dans le puits du mas Raynaud. Déjà  les réclames commencent à envahir les murs !


 

 

Place du Pont de Garonne vers 1910


 

 

Place du Pont de Garonne et Rue de Sauve vers 1910


 

Le hêtre, arbre de la liberté, planté par les révolutionnaires quissacois en 1793 et qui vient de mourir au début du siècle, a été coupé, et a laissé sa place à un petit platane. On aperçoit un morceau de tronc juste à coté, gardé peut être en souvenir. Le Café de la Renaissance a déployé son auvent, tout comme le café situé dans l’actuel garage de la  maison de Marco. On peut noter que tous les gamins portent un chapeau ou une coiffe. La publicité J. Durand sur le mur de la maison Girbe ornera la façade pendant plus d’un siècle. Contre le mur de la maison que le père Girbe achètera en 1946 et ou il exercera le métier de sabotier, on peut voir des roues de charrette, qui font penser à l’emplacement d’un éventuel charron.

 

Place du Pont de Garonne vers 1935


 

Le fourgon de La  Postale, garé sur la  Place du Pont de Garonne, pourrait peut être donner un indice quant à l’emplacement de la première poste, dont on ignore encore l’adresse ! Le platane s’est bien développé. L’électricité, installée depuis 1928, éclaire les rues. Les becs de gaz sont remplacés et les consoles et les fils électriques ornent le mur des façades. Le Café de la Renaissance n’existe plus. Les caniveaux d’eaux pluviales de part et d’autre de la route de Sauve, qui se jettent dans Garonnette, ne sont pas recouverts. Le passage pour accéder vers le Chemin Neuf est  coupé par un grand caniveau, pavé de gros galets du Vidourle, avec plusieurs grandes grilles pour évacuer dans le ruisseau.


 

Place du pont de Garonne vers 1930


 

Sur cette photo de 1830, le café de l’actuel garage de Marco existe encore. On voit sur la façade la coexistence de la console du bec de gaz et celle qui soutien l’ampoule électrique. Les caniveaux d’eau pluviale, descendant la rue du Camp Neuf sont très larges et très profonds. Il aurait d’ailleurs été souhaitable de s’inspirer des anciens lorsque l’on a réaménagé les évacuations par buses enterrées de section parfois insuffisantes !

 

 

 

Place du Pont de Garonne vers 1940


 

Le Café de la Renaissance a laissé la place à l’épicerie « l’Etoile du Midi » tenue par Mr André depuis 1930 environ et que Joseph Bonzi et Hélène Balaguer géreront de 1951 à 1976. 

 

Hélène et Joseph Bonzi avec José Balaguer


 

« L’Etoile du Midi » est une chaine de distribution de la famille Bousquet dont le siège est à Carcassonne et qui rayonne sur tout le sud de France.

 

Place du Pont De Garonne 1950


 

Vers 1950, la place, entièrement goudronnée a déjà son aspect que nous connaissons aujourd’hui. Les seuls véhicules en stationnement sont la vieille voiture du Docteur Turc et la traction avant du Vétérinaire.

 

La place ne subira plus de modifications si ce n’est le déplacement de la fontaine lorsqu’au début du 21éme siècle, la municipalité Bresson remplacera le goudron par des pavés de granit.


 

Texte écrit par Roger Llorca  (Sources: documents municipaux)

 

 


 

Place du pont degaronne Fevrier 2012 

par Loic Metge 

 

 

 

 

 

 

 

 



02/02/2012
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