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La Classe de Monsieur Bosc

La classe de Monsieur Bosc


Monsieur Bosc,  invalide de la Grande Guerre, amputé d’une jambe, remplacée par une jambe en bois, enseigna à Quissac à de nombreuses générations.

Dans les années de 1926 à 1930, Antoine  Llorca dit Roger, né en 1920, avec ses amis, dont Franck Metge  bénéficie de l’enseignement du Maitre et racontera plus tard:


« - Dés que nous entrons en classe, Monsieur Bosc, s’installe à son bureau, dévisse sa jambe de bois et la pose sur le bureau. Il a toujours une grande « cannelle » à portée de main, qui palie son manque de mobilité et qui lui permet, sans se lever, de donner de grands coups sur la tête ou les doigts des bavards ou des étourdis.

Un jour, patatras ! La cannelle se casse sur le crane d’un récalcitrant, au grand désespoir de l’instituteur et à la grande joie des élèves. Et Monsieur Bosc de demander si un élève sait ou il y a des cannelles et qui pourrait lui en fournir une. Notre ami Franck Metge, qui habite au Bosc, brave garçon, avec des difficultés d’élocution, car un peu bègue, lève le doigt et dit :

-En n’a n’a des ca-ca-nelles au Bosc !  Le Bosc  est un quartier de Quissac, situé dans l’anse faite par les méandres du Vidourle et ou les canneliers foisonnent.

 

Le Bosc


Mais l’intervention de notre ami Franck n’est pas du gout de ses copains et à la « récré » certains le prennent par le colback et l’avertissent :

« - si tu portes des cannelles, tu auras une rouste ! »

 

 

Les cannelles du Bosc


Passe un jour, pas de cannelle, passent deux jours, pas de cannelles, à la grande joie des copains ! Le troisième jour, Monsieur Bosc impatient demande :

« -Franck et ma cannelle ? »

Franck, tout penaud se lève, regarde ses copains qui le fixent avec des yeux menaçants, et balbutie en bégayant plus que d’habitude :

« -Maitre, n’en-n’en a- a plus des ca ca- nelles au Bosc, les ont toutes coupées ! Et notre ami Franck sera baptisé de ce sobriquet « N’en a plus des cannelles au Bosc ».

Roger Llorca père

 

Quelques années plus tard, Max Fermaud, qui a pris le relais des anciens avec ses copains que l’on voit sur la photo( Raymond et Jean Martin, Jacques Marion, René Cassagne, André Ortuno, Léon Martin, Jean et Pierre Dufour, Bosc, Durand, Fages, Guichet, Triaire, Causse Georges Fermaud et quelques autres), nous raconte :




 

« A la rentrée dés les premiers cours, Monsieur Bosc, fait la toute première leçon: c’est la leçon de « l’équerre ». Avec trois cannelles, une 60 cm, une de  80cm et l’hypoténuse de 1 mètre, le Maitre montre comment on fait une équerre. Voilà comment on apprenait Pythagore déjà à l’âge de 6 ans, à la manière quissacoise ! (On aurait pu faire trois, quatre, cinq, mais pour les raisons explicitées après, les cannelles n’auraient pas été assez longues !)

Une fois bien informé et après s’être dument entrainé à faire l’équerre, chaque élève est invité à porter sa propre équerre avec les trois morceaux de roseaux. Ceux-ci seront très rapidement consignés et leur destination sera rapidement dévoyée pour en faire d’excellentes règles pour taper sur les doigts ! »

 

Et oui, c’était la bonne époque des punitions et des coups de pied au cul, quoique pour les coups de pied au cul, Monsieur Bosc était quelque peu gêné !

C’était la façon des Anciens de faire l’instruction civique dont beaucoup aujourd’hui auraient besoin.

J’ai connu Monsieur Bosc plus tard quand retraité il s’occupait des assurances agricoles, et gérait les différentes affaires de mon grand père avec Madame Taillades.

 

 Texte de Roger Llorca sur les souvenirs de son père et de Max Fermaud



 


 



11/12/2011
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